La téléconsultation pour répondre aux enjeux de santé publique

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La téléconsultation pour répondre aux enjeux de santé publique

La téléconsultation est devenue ces dernières années un des moyens efficaces pour répondre aux défis du système de santé français et notamment l’amélioration de l’accès aux soins. Malgré une volonté affirmée des pouvoirs publics de développer la téléconsultation, l’adoption de cette pratique s’est faite de manière très lente jusqu’en 2020. La crise épidémique de COVID 19 a changé la donne et a accéléré l’adoption de la téléconsultation auprès des médecins et des usagers. La pratique s’installe dans la durée même si elle rencontre des freins comme par exemple les préoccupations sur les enjeux de la protection des données de santé. La levée de ces freins permettra sans doute d’accélérer encore plus l’adoption de la télémédecine auprès de tous les acteurs concernés.

Les défis du système de santé

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Le système de santé français est aujourd’hui confronté à plusieurs défis démographiques et économiques. On constate notamment une explosion des dépenses face à une population grandissante et vieillissante et l’augmentation progressive des déserts médicaux. En quatre ans (de 2015 à 2018), la part de la population française vivant des zones sous-équipés de médecins généralistes est passée de 3,8% à 5,7%.

 

En 2018, l’Assurance Maladie a lancé le remboursement de la téléconsultation avec l’objectif affiché de favoriser l’accès de soins de santé à tous.

La téléconsultation permet de :

  • Simplifier l’accès à un médecin par les personnes ayant des problèmes de mobilité
  • Réduire les coûts engendrés par des déplacements inutiles et les passages aux urgences
  • Réduire le risque de renoncement aux soins liés aux délais de prise en charge des patients
  • Simplifier le suivi des maladies chroniques et favoriser le maintien au domicile des malades
  • Remédier à la pénurie de praticiens en proposant un accès à distance aux soins
  • Désengorger les cabinets médicaux

La difficulté de l’accès aux soins et les déserts médicaux sont des sujets omniprésents dans le paysage français, voire européen. La crise engendrée par l’épidémie de COVID 19 a joué un rôle important dans l’adoption de la téléconsultation comme moyen pour répondre à ces problématiques.

La crise de COVID 19 : un révélateur de l’efficacité de la téléconsultation

Après un bilan mitigé en 2019, la crise sanitaire liée à l’épidémie du COVID 19, a accéléré le déploiement et l’adoption de la téléconsultation en France.

 

Selon l’Assurance Maladie, avant l’épidémie elle comptabilisait seulement 10 000 téléconsultations par semaine. Dès le premier confinement ce chiffre a largement évolué pour atteindre le pic de plus d’un million de téléconsultations au mois d’avril. Ensuite la tendance suit la situation épidémique avec une baisse pendant l’été avec 150 000 téléconsultations fin août et une reprise au mois d’octobre pour se stabiliser à 500 000 actes par semaine en novembre.

En ce qui concerne les médecins, 3 médecins généralistes sur 4 ont mis en place la téléconsultation depuis le début de l’épidémie.

 

La situation épidémique a donc permis d’accélérer l’adoption de la téléconsultation par les médecins et les patients.

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Comment favoriser l’adoption de la téléconsultation

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L’Agence Numérique de la Santé a lancé fin 2019 un baromètre sur la télémédecine en partenariat avec l’institut d’opinion ODOXA. Cette étude a été décomposée en trois vagues avec l’objectif de mesurer l’adhésion et les freins des professionnels de santé et des usagers vis-à-vis de la télémédecine.

 

La troisième vague du baromètre a été publiée en janvier 2021 et elle confirme le recours de plus en plus courant des usagers français et européens à la téléconsultation.

 

Les résultats clés du sondage :

  • Les Français connaissent de mieux en mieux la télémédecine et sont de plus en plus nombreux à souhaiter y avoir recours. 48% des Français jugent la télémédecine utile pour la santé en France.
  • La France est l’un des pays d’Europe les plus favorables à la télémédecine avec 73% de jugements positifs.
  • La pratique de la télémédecine a explosé en un an avec une multiplication par 3 pour les patients et par plus de 6 pour les médecins généralistes mais la progression s’est ralentie après le premier confinement et la France est encore « en retard » par rapport à l’Espagne ou au Royaume-Uni.
  • Les médecins qui ont essayé la téléconsultation l’ont adoptée de façon massive et ce et pour tous types de patients, le plus souvent à leur domicile.
  • La téléconsultation génère un très haut niveau de satisfaction de la part des patients européens avec une moyenne de 80% des usagers satisfaits. Les français sont parmi les usagers les plus positifs vis-à-vis de cette pratique (88% de satisfaits). Les médecins l’ayant expérimentée en sont aussi tout à fait satisfaits (78% de satisfaction).
  • Les Français sont, avec les Italiens, le peuple européen réclamant le plus aux pouvoirs publics d’investir davantage pour développer l’usage de la télémédecine (69% pour les Français et 71% pour les Italiens).
  • Le recours à la téléconsultation a toutes les chances de se développer encore à l’avenir : les médecins actuellement non-pratiquants disent qu’ils y auront bientôt recours et 7 Français sur 10 assurent qu’ils pratiqueraient la téléconsultation si leur médecin le leur conseillait.

Selon Gaël Sliman, président d’Odoxa La télémédecine dispose donc d’un « boulevard » pour se développer encore dans notre pays, mais pour que son rythme de progression soit optimisé les pouvoirs publics devront encore communiquer, rassurer et expliquer, tant auprès des Français que des professionnels du soin, et notamment des médecins généralistes.

 

Un de sujets d’inquiétude des médecins et patients et un frein à l’adoption de la téléconsultation est le sujet de la protection des données de santé. Plusieurs syndicats de médecins et des associations d’usagers s’inquiètent du niveau de sécurité du stockage des données. Ces acteurs sont de plus en plus méfiants envers des plateformes de téléconsultation non européennes ou hébergées par des acteurs soumis au droit américain qui autorise la collecte de données. Une enquête menée par le Fédération Française des Diabétiques en 2020 confirme ce ressenti puisque 79% des répondants s’expriment contre le fait que des entreprises telles que Google, Amazon ou Apple proposent des services de télémédecine.

 

Par ailleurs, en juillet 2020 La Cour de justice de l’Union européenne a invalidé le Privacy Shield, un texte qui établissait que la législation américaine offrait les mêmes garanties que le droit européen.

 

Le choix de plateformes de téléconsultation 100% françaises ou européennes (technologie et hébergement) permettra sans doute de rassurer les médecins et usagers, enlever ce frein et favoriser encore plus l’adoption de la téléconsultation.

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